l'antenne de la discorde

Publié le par Jean-Luc POUSSARD

L'antenne de la discorde à Roche-la-Molière

La municipalité ne veut pas de l’antenne SFR en centre-ville. La société de téléphonie a perdu deux fois en référé. Le Conseil d’Etat tranche aujourd’hui.

En souhaitant installer une antenne de radiotéléphonie sur la commune de Roche-la-Molière, la toute puissante Société française de Radiotéléphone (SFR) entendait poursuivre la couverture du territoire français du réseau dit « troisième génération », réseau permettant d’accéder à internet via une carte insérée dans l’ordinateur portable ou le téléphone mobile de l’usager. Tout était prévu, y compris la localisation de l’antenne, au sommet d’un immeuble sis 13, place Jean-Jaurès, au cœur même de la commune.
Seul problème : la municipalité ne l’entend pas de cette oreille, et a refusé la déclaration préalable d’urbanisme formulée par SFR en décembre 2007. En cause, l’emplacement prévu. « Nous ne sommes pas opposés à l’implantation d’une antenne de radiotéléphonie à Roche, expose Marie-Hélène Sauzéa, maire. Mais elle ne se fera pas au sommet de cet immeuble ».
En premier lieu, la place Jean-Jaurès est située à proximité directe du château, un site  inscrit au patrimoine des monuments historiques. Or, tout permis de construire dans un périmètre inférieur à 500 m d’un site inscrit est obligatoirement soumis à l’architecte des monuments de France.
De plus, le Plan local d’urbanisme de la ville proscrit toute construction supérieure à 14 m de haut, une hauteur qui serait dépassée en cas d’élévation de l’antenne. Enfin les élus,  craignant pour les riverains et les enfants de l’école toute proche,  estiment que l’opération comporte des risques sur le plan sanitaire.
Autant de raisons qui ont poussé la municipalité à rédiger un arrêté en date du 13 mars 2008 stipulant que nulle implantatation d’antenne n’est envisageable place Jean-Jaurès. Contestant cette décision, et soucieux de règler cette affaire au plus vite, SFR a demandé deux jugements en référé au tribunal administratif de Lyon.
A deux reprises, l’entreprise a été déboutée, et a saisi en dernier recours le Conseil d’Etat, qui admettra ou non le pourvoi en cassation de SFR. « Nous avons été déboutés en référé car le tribunal estimait qu’il n’y avait pas d’urgence pour que la justice se prononce, explique Jean-Luc Spohn-Villeroy, porte-parole de SFR.
Or, nous devons poursuivre sans tarder notre installation de réseau, dans la mesure où l’Etat a accordé à SFR une licence d’exploitation. Ce choix d’implantation ne doit rien au hasard, et les propositions soumises par le maire de Roche-la-Molière (qui avait envisagé deux autres emplacements plus éloignés du centre-ville, ndlr), ne nous satisfont pas ». Et de poser la question : « Un maire a-t-il le droit de refuser une déclaration préalable d’urbanisme ? » La justice tranchera.

Matthieu Lambert
Le progrès.fr

Ces ondes qui font peur

 

Les habitants de l’immeuble n’envisagent pas avec plaisir l’éventualité d’une installation d’antenne, loin s’en faut.
Pour Micheline Masson, le danger est réel, « même si on nous dit que cela ne risque rien, je m’inquiète pour les enfants de l’école d’en face ». La crainte de Micheline : les « ondes dont on parle à la télé ».
Même son de cloche chez Régis Montelimard : « Je ne suis pas d’accord. Avec ces nouvelles technologies, on ne sait jamais. “ Ils “ disent que ce n’est pas dangereux, et vingt ans après, on mesure l’ampleur des dégâts ».
Interrogé à ce sujet, Jean-Luc Spohn-Villeroy rappelle que l’Organisation mondiale de la santé a publié en 2006 un aide-mémoire illustrant l’absence de risques à proximité des antennes relais. « L’ensemble de la communauté scientifique internationale affirme qu’il n’y a aucun danger à vivre auprès d’une antenne », soutient le porte-parole de SFR.

 

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