Portable, l'abus d'appels est dangereux pour la santé

Publié le par Jean-Luc POUSSARD

 'Téléphonie Mobile : L'abus d'appels est dangereux pour la santé' - L'Humanité Dimanche du 24/04/2008

La téléphonie mobile représente un marché juteux pour les opérateurs. La rentrée d'argent s'est-elle fait aux dépens de notre santé ? Le principe de précaution n'est pas respecté alors que les études alarmistes sur les effets néfastes du portable sur notre organisme se multiplient...


Seize ans ! Cela fait maintenant plus de seize ans que le téléphone portable est entré dans nos vies. Et depuis, quelle joie de savoir que l'on peut joindre n'importe qui n'importe quand, mais pour dire n'importe quoi !
Entre 1996 et 2001, le marché de la téléphonie mobile a progressé de 72 % par an en moyenne. Si, à partir de 2002 cette croissance s'est quelque peu ralentie, on constate tout de même en France, aujourd'hui, que ce sont plus de 51 millions de personnes qui possèdent un téléphone mobile. Pour rajouter encore quelques chiffres, au troisième trimestre 2007, la durée des appels passés avec des portables a, pour la première fois, dépassé celle de ceux envoyés depuis les lignes fixes, avec 24 milliards de minutes. Quand on connaît le prix d'une minute de communication passées depuis un téléphone portable, on imagine facilement les sommes perçues par les opérateurs et l'importance du marché de la téléphonie mobile. Le développement des antennes relais et des technologies associées pour supporter cette hausse de croissance a-t-il été fait avec les précautions nécessaires...
Aujourd'hui, de nouvelles études montrent (une nouvelle fois ?) L'impact du téléphone mobile sur la santé, quelle heure n'est plus aux doute. Une méta-analyse récente (octobre 2007), c'est-à-dire une synthèse de plusieurs études, montrent qu'après l'utilisation d'un téléphone mobile pendant plus de dix ans, le risque de développer un gliome (tumeur maligne du cerveau) est multiplié par deux. Plus récemment (décembre 2007), une étude Israélienne a montré que les personnes utilisant un téléphone portable plus de vingt-deux heures par mois avaient un risque également multiplié par deux de développer cette fois une tumeur des glandes parotides (glandes salivaires situées sous la joue). Enfin des chercheurs de Clermont-Ferrand ont montré, en début d'année, qu'en exposant des plants de tomates à un champ électromagnétique identique à celui des portables pendant dix minutes, les tomates réagissaient comme si elles étaient stressées ou blessées.
Pour Étienne Cendrier, porte-parole de l'association Robin des toits, « il faut une véritable réglementation en matière de téléphonie mobile ». Loin de vouloir supprimer cette nouvelle technologie et revenir au téléphone filaire, l'association souhaite que les opérateurs fassent la loi sur les seuils d'exposition. « Les scientifiques indépendants recommandent un seuil d'exposition maximal de 0,6 volts par mètre alors qu'aujourd'hui les cellules commencent à 41 volts par mètre et ne prennent en compte que les effets thermiques de la téléphonie mobile. »
Mais il est plus dangereux encore que la téléphonie mobile. Les téléphones sans fil domestique ne sont pas exempts d'impacts sanitaires, de même que les installations informatiques de type Wi-Fi ou bluetooth, qui fonctionnent sur le même principe. Si l'on ajoute à cela le fait que les réseaux sans fil ont la fâcheuse tendance à traverser les murs, se libérer des fils est pratique certes, mais cela vaut-il le coût de prendre un risque pour notre santé... Ou celle des autres ?

Jérémie Bazart

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