Faut-il avoir peur de son portable ?

Publié le par Jean-Luc POUSSARD

Avril 2008 Numéro Anniversaire

Le Figaro Magazine : Dossier spécial sur la problématique santé Portable, Antennes Relais, WiFi, THT : un bref extrait.

www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2008/04/12/01006-20080412ARTFIG00110-faut-il-avoir-peur-de-son-portable-.php

12 04 2008

PAR MARTINE BETTI-CUSSO ET PASCAL GRANDMAISON

Les experts s'interrogent sur les dangers des ondes émises par les téléphones mobiles. Wi-Fi et lignes à haute tension suscitent les mêmes inquiétudes. De nouvelles études s'annoncent.

Car la controverse autour des ondes portables ne date pas d'aujourd'hui.

Depuis 1999, les études se suivent et se contredisent. En avril dernier, une analyse de 18 études conduite par des chercheurs suédois, publiée sur le net par le Journal of Occupational and Environmental Medecine, a mis en lumière la multiplication par deux du risque de développer une tumeur cérébrale maligne, le gliome, du côté de l'oreille exposée, après dix ans d'utilisation du mobile.
Selon des travaux réalisés par des chercheurs israéliens et publiés dans l'American Journal of Epidemiology début décembre, les personnes qui utilisent leur portable pendant plus de vingt-deux heures par mois présenteraient un risque accru de 50 % de développer des tumeurs des glandes
parotides (glandes salivaires situées sous l'oreille). En mai 2007, la revue Fertility and Sterility montrait que le portable provoquait une diminution du nombre de spermatozoïdes...

Des lacunes dans l'état des connaissances actuelles

A contre-courant de ces enquêtes, des organisations officielles ont relativisé ces résultats. Le Dr René de Seze, de l'unité de toxicologie expérimentale à l'Ineris (Institut national de l'environnement industriel et des risques), estime que les recherches associant téléphones portables et prolifération tumorale ne sont pas probantes. De son côté, l'OMS (Organisation mondiale de la santé) a conclu en 2000 que les téléphones mobiles n'avaient aucune incidence néfaste sur la santé, tout en reconnaissant quelques lacunes dans l'état des connaissances actuelles.
Elle a donc lancé en 2001 une vaste étude baptisée Interphone regroupant les enquêtes de 13 pays. Attendues par tous, les conclusions définitives devraient être connues dans quelques semaines. Mais la lecture des premières publications laisse apparaître une légère augmentation du risque de tumeurs dans les pays nordiques (dans lesquels le mobile est implanté depuis plus de dix ans). Pour autant, les données statistiques recueillies sur un trop faible nombre de cas (77) ne permettent pas d'apporter de conclusion définitive.

Sur la même longueur d'onde que le Circ, notre ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, évoquant le téléphone mobile, incite à la prudence... et à consommer avec modération.

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