Elles réclament des zones blanches

Publié le par Jean-Luc POUSSARD

Le journal de Saône et loire

Les ondes électromagnétiques les rendent malades.
Deux femmes partent en guerre contre le WiFi et le WiMax, Les antennes relais, les téléphones portables… pour elles c'est l'enfer. Le WiFi et le WiMax… pour elles, c'est la catastrophe. Elles partent en guerre et réclament une «zone blanche». Question de survie.

Vous ne pouvez pas imaginer ce qu'elles vivent au quotidien. Il est impossible pour elles d'approcher quelqu'un qui utilise (même en veille) un téléphone portable.
Les relais de téléphonie mobile, les ordinateurs, les bornes WiFi (Internet sans fil) et WiMax… pour elles, c'est la promesse toujours tenue de nausées, de tremblements, de pleurs, de perte d'appétit et d'envie suicidaire. Pas moins.
Elles habitent à Rancy, entre Cuisery et Louhans. Véronique Perrault, pensionnée de la SNCF depuis un an, a dû quitter précipitamment son domicile le 21 juin dernier, avec sa fille de 9 ans, et se réfugier chez sa soeur, Bénédicte Michel, prof de Français à l'IUT du Creusot, mais en arrêt maladie de longue durée.
Toutes deux sont Electro Hyper Sensibles (EHS). Passe encore qu'on les prenne pour des folles au motif que leur handicap n'est pas reconnu en France (contrairement à la Suède et la Grande-Bretagne) et qu'il n'est pas visible à l'oeil nu. Elles commencent à avoir l'habitude des moqueries. Mais elles n'en peuvent plus de devoir fuir face à l'avancée des nouvelles technologies de communication.
Véronique explique : « J'ai dû quitter ma maison, car j'étais en larmes en permanence. Je ne supportais plus le WiFi installé par ma voisine. » Bénédicte ajoute : « Au bout de notre rue, il y a quatre maisons occupées par des personnes âgées. Elles ont toutes installé des box pour leurs enfants ou petits-enfants et elles fonctionnent apparemment jour et nuit. Nous sommes obligées de faire un détour en voiture.
Si on passe devant chez eux, je tremble de partout et je pleure. Le WiFi a failli me tuer quand je travaillais à l'IUT. C'est comme un viol, une pénétration physique à l'intérieur du corps, sans notre consentement… ». .Elles ne sont pas contre les ordinateurs, mais plaident pour des liaisons câblées et de la fibre optique.

 

Sus au WiMax.
Dès qu'elles ont appris par notre journal que la Région Bourgogne et le département envisageaient de favoriser rapidement la mise en place du WiMax, une liaison internet à très haut débit sans fil, elles ont réagi vigoureusement. Douze lettres sont parties chez les présidents de la Bourgogne et de la Saône-et-Loire, chez les préfets et présidents d'intercommunalités.
Au nom du principe de précaution et du droit à « vivre dans un environnement équilibré et respectueux
de la santé », elles réclament des zones blanches, vierges de toute technologie sans fil, de toutes micro- ondes pulsées. La partie n'est pas gagnée. On sait qu'au contraire, les collectivités font tout ce qu'elles peuvent pour effacer les zones blanches.
Pour l'instant, seuls les présidents de la CAMVAL et de la communauté de communes du canton de Louhans ont répondu, poliment, qu'ils réfléchiraient à leurs arguments. Du Conseil régional, elles ont reçu un mail du chargé de communication qui leur oppose que « bon nombre de phénomènes naturels* comme le soleil, les éclairs ou même le rayonnement cosmique » émettent des ondes électromagnétiques « y compris dans les fréquences qui vous font peur…** ».
Comme on lance une bouteille à la mer, les deux femmes annoncent : « On recherche une petite maison dans le Morvan, à 3 km de toute antenne relais et 200 m de tout voisin. On cherche un maire qui accepterait de créer une petite zone blanche. » Elles ont un sac de survie et peuvent partir en 10 minutes.
Denis Wuyam.

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