Electrosensibles
28 06 2008
Le calvaire au quotidien de deux soeurs électrosensibles
Veronique Perrault et Bénédicte Michel de Rancy subissent des migraines, des nausées, des vertiges ... Pour elles, la cause de leurs maux, ce sont les ondes émises par les téléphones portables, les antennes relais, le Wi-Fi ... Reportage sur la vie de deux électrosensibles arrivées à quasi-saturation.
Des maux loin d'être familiaux...; Avant, Véronique habitait au coeur de Paris avec sa fille et son mari. Depuis 5 ans, sa vie a changé avec l'apparition des premiers symptômes. En plus de souffrir du mal des ondes dans son corps, elle a été obligée d'arrêter son travail de cadre à la SNCF. Trop d'ondes, trop de maux, trop de souffrances. Son mari, ou plutôt aujourd'hui son ex, ne tarde pas à demander le divorce. « Je n'en pouvais plus. Il fallait que je quitte Paris. Mon mari était accro à l'ordinateur. Il était branché 24 heures sur 24 et mes migraines ne s'arrêtaient jamais. Même ma fille, certains jours, se roulait par terre en rentrant de l'école. J'avais besoin de venir à la campagne pour me protéger. C'était vital. » La hantise du Wi-Max; Jusqu'à la semaine dernière, elle vivait à deux pas de chez sa soeur Bénédicte et de son beau-frère. Depuis le week-end dernier, elle a été obligée de faire ses valises en urgence avec sa fille. La faute à un trop plein de Wi-Fi. « Je tremblais de partout. je ne pouvais plus me concentrer. Je pleurais. » Sa soeur Bénédicte a été obligée de quitter, elle aussi, son métier de professeur à l'IUT du Creusot. Leurs maux sont loins d'être familiaux, au contraire... Depuis quelques jours, elles ont créé le collectif EHS 71.
Une association, à peine médiatisée, qui compte déjà de nombreux membres, tous des électrosensibles. « Le Wi-Fi, c'est déjà l'enfer alors on ne vous parle pas du Wi-Max. Notre maladie nous oblige à fuir les villes, bientôt les campagnes. Où va-t-on aller si ça continue ? » Parfois, Véronique et Bénédicte se plaisent à rêver d'un village ou d'un hameau en zone blanche à durée indéterminée. Pour elles, il y a urgence.
Nicolas Desroches